Responsable de la communication à l’Office National des Forêts de Lorraine, Annie Nief est souvent confrontée au travail des journalistes. Elle partage son expérience avec des étudiants qui se destinent à cette profession . Rencontre.

« Je ne suis pas là pour censurer. Tout peut être dit, sauf en cas de mauvais traitement de l’information ». Cette responsable de la Communication à l’Office National des Forêts, Annie Nief, a eu le temps de méditer sur ses responsabilités. Depuis des années, elle entretient des relations de proximité avec les journalistes.
Son expérience, elle la partage avec une classe d’apprentis journalistes pour leur permettre de mieux cerner la complexité des relations entre responsables de communication et journalistes. « Pour faciliter le travail, il faut appeler le communicant » souligne-t-elle.
C’est ce qu’a fait Stéphane Harter, photo-journaliste. Sollicité par le quotidien Le Monde, ce dernier avait en charge la réalisation d’un cliché sur l’anniversaire de la tempête de 1999. « Dans la tête de la personne du service photo, il faut que la photographie soit spectaculaire. Qu’avec une image, on se rende compte de tout! » explique-t-il.
La relation avec le responsable de communication commence dès cet instant. « Il ne faut pas croire que la forêt est un lieu où l’on entre comme cela » insiste Annie Nief, « il faut des autorisations pour pouvoir prendre des photos ». Le contact ne s’arrête pas là. Elle permet aussi de guider le journaliste en fonction de ses attentes.
« Théâtralisation de la forêt »
Généralement, elle se prête au jeu. Car elle l’admet : « La photo est quelque chose d’également très important dans notre domaine. Nous ne sommes pas là pour bloquer les journalistes ». Seul regret, « on est souvent dans la photo spectaculaire négative, la théâtralisation de la forêt ». Un phénomène dont elle « aimerait bien sortir ». Pour enfin illustrer le travail de l’humain, du forestier.
Mais les intérêts des deux partis sont différents. Elle en a conscience et a instauré des limites afin d’éviter un mauvais traitement de l’information. Sinon, « on va se retrouver au coeur d’un conflit qui ne concerne pas » explique-t-elle en prenant pour exemples deux cas où le dialogue s’est rompu entre communicant et journaliste.
En particulier, pendant la période de la grippe aviaire. Trois cygnes avaient été retrouvés morts dans un étang et la préfecture avait donné ordre de ne faire aucun commentaire. Mais face à la pression des journalistes présents sur les lieux, le garde-forestier a été contraint de leur ouvrir les portes après autorisation d’Annie Nief. « C’était un comportement de paparazzi, ils voulaient à tout prix le scoop ! » regrette-t-elle. Un exemple qui reste « exceptionnel » nuance la responsable de l’ONF. Car la plupart du temps, « le rapport avec les photo-journalistes est un rapport d’importante proximité »